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Les écosystèmes côtiers : lieux de biodiversité

par Louise-Océane Delion, biologiste marin et créatrice de contenu scientifique pour Koraï

Introduction

Alors que l’océan est un espace vaste, large et profond, rempli de vie, celle-ci n’y est pas distribuée de manière homogène. Comme évoqué dans notre article précédent, la majorité de la vie marine se trouve près des côtes et dans des eaux peu profondes. Forêts de mangroves, prairies d’herbiers marins et récifs coralliens sont les foyers de la vie marine et, à eux trois, soutiennent la majorité du tissu vivant marin.

Dans ce nouvel article, nous vous invitons à plonger dans ces écosystèmes côtiers et d’y découvrir la vie riche qui s’y trouve, de comprendre pourquoi elle y est concentrée et ainsi pourquoi il est plus que nécessaire de préserver et régénérer ces espaces, aujourd’hui menacés.

Plus de complexité pour plus de diversité

Les écosystèmes côtiers tels que les forêts de mangrove, les prairies d’herbiers sous-marins et les récifs coralliens apportent de la complexité et une structure tridimensionnelle uniques à l’océan.

Les formes créent par les récifs, les racines ou même les tiges créent un habitat bien plus complexe qu’une simple colonne d’eau en plein océan. En résultent de nombreuses niches, fissures, fentes et crevasses qui font le bonheur des espèces marines.

Plus un habitat offre de la complexité dans sa structure, plus le nombre d’espèces pouvant vivre dans cet habitat augmente - jusqu'à un certain seuil. Ce serait comme augmenter le nombre de pièces dans une maison, pouvant accueillir de plus en plus d’invités différents… Chaque espèce y trouve son compte et ces habitats deviennent alors des zones de reproduction, de refuge et d’alimentation pour une grande majorité des espèces marines.

Beaucoup d’animaux viennent dans ces habitats uniquement pour une partie de leur cycle de vie, notamment en les utilisant comme nurserie. Ils viennent s’y reproduire dans les eaux calmes et protégées : les descendants passent un moment dans ces zones côtières le temps de se développer avant de pouvoir repartir vers le grand bleu, la haute mer, où ils continueront leur vie avant de revenir dans ces espaces côtiers pour se reproduire à leur tour.

Une connexion inter-systémique

Les forêts de mangrove, les prairies d’herbiers sous-marins et les récifs coralliens n’existent pas de manière indépendante mais bien au contraire de manière interconnectée, où les espèces marines passent de l’un à l’autre à différents stades de leur développement.

Par exemple, il est très commun pour des espèces de poissons de pondre leurs œufs dans les récifs coralliens. Les larves de poissons s’orientent jusqu’aux eaux très calmes et peu profondes de la mangrove où elles pourront se développer. Une fois une certaine taille et un certain stade de développement atteint, ces poissons iront continuer une partie de leur développement dans les herbiers marins et retourneront dans les récifs coralliens.

Il est pour ainsi très commun de trouver plusieurs de ces écosystèmes – souvent les 3 – à proximité les uns des autres car chacun joue un rôle important et distinct pour les mêmes espèces. Cette interconnexion nous rappelle également que les dommages causés à un écosystème auront des conséquences sur l’ensemble des écosystèmes et sur l’ensemble de la biodiversité marine.

Les foyers de biodiversité

Il existe une multitude d’espèces vivant dans ces écosystèmes : poissons, crustacés, mollusques, reptiles, oiseaux, mammifères, amphibiens… Les formes de vie qui y vivent sont multiples et riches. Par exemple, 25% de la biodiversité marine se trouve dans les récifs coralliens1 !

Ces écosystèmes sont vitaux pour une grande majorité de la biodiversité marine. Ils le sont peut-être encore plus pour certaines espèces qui utilisent ces habitats comme zone de migration ou encore pour certaines espèces en danger d’extinction qui y trouvent refuge.

Dans le cas de l’Afrique par exemple, la majorité des forêts de mangroves est un point de passage important pour les oiseaux qui effectuent leur migration. Les eaux côtières où se mélangent récifs et herbiers accueillent de nombreuses espèces iconiques telles que les tortues marines, les raies, les crocodiles, les requins…

L’être humain : une espèce dépendante des écosystèmes côtiers

S’il y a bien une autre espèce qui dépend de ces écosystèmes, c’est la nôtre, celles des êtres humains.

En raison de l’abondance de vie qui se trouve dans les eaux côtières, nous avons su y trouver profit : ces habitats sont aussi devenus des zones d’alimentation pour nous. Soit directement en pêchant les animaux présents dans ces habitats côtiers, soit en allant plus loin, dans le grand bleu, où les poissons qui auront terminé leur développement dans les eaux côtières seront venus continuer leur vie dans un espace plus grand.

Les pêcheries locales dépendent entièrement de la santé de ces écosystèmes côtiers car ce sont bien ces derniers qui sont garants de la santé des populations d’animaux marins, dont nous dépendons pour nous alimenter.

La beauté foisonnante qui se trouve sous l’eau dans les écosystèmes marins, débordante de couleurs et de formes, est aussi une source d’inspiration pour beaucoup d’entre nous. L’essor d’activités touristiques telles que la plongée, la découverte en palmes-masque-tuba, les balades en kayak etc., est également une preuve du lien qui existe entre notre espèce et ces écosystèmes.

Prendre soin de ces écosystèmes

C’est justement parce que tout l’ensemble du monde vivant – les espèces marines, certaines espèces côtières et terrestres, et nous – dépend des forêts de mangroves, des prairies d’herbiers et des récifs coralliens, que nous devons respecter, protéger et régénérer ces écosystèmes.

Aujourd’hui, les écosystèmes côtiers font face à de nombreuses pressions anthropiques : urbanisation, développement côtier, changement climatique, exploitation directe…2 Mais nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ces écosystèmes marins car leur perte entraînerait également celle d’une grande partie du monde vivant de l’océan, ainsi que la nôtre.

Heureusement, nous avons aujourd’hui les connaissances et les capacités requises pour agir à temps. C’est pour cela qu’avec Koraï, nous nous sommes donnés une mission ambitieuse : celle de régénérer les écosystèmes marins africains. Vous nous rejoignez ?




Réferences

1Plaisance L, Caley MJ, Brainard RE, Knowlton N (2011) The Diversity of Coral Reefs: What Are We Missing? PLoS ONE 6(10): e25026. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0025026

2IPBES (2019): Global assessment report on biodiversity and ecosystem services of the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services. E. S. Brondizio, J. Settele, S. Díaz, and H. T. Ngo (editors). IPBES secretariat, Bonn, Germany. 1148 pages. https://doi.org/10.5281/zenodo.3831673


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