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​​Défense du modèle économique - la start-up régénérative

par Louise-Océane Delion, biologiste marin et créatrice de contenu scientifique pour Koraï

À l’heure où nous faisons face à des chamboulements écologiques sans précédents dans l’histoire de l’humanité, il devient urgent de repenser notre façon de vivre et de nous organiser en tant que société humaine.


Changement climatique, phénomènes météorologiques extrêmes, fonte des glaciers, effondrement de la biodiversité, pandémie mondiale, raréfaction des ressources naturelles… La sonnette d’alarme a été déclenchée.


Ces bouleversements écologiques qui existent aux quatre coins du monde mettent en lumière certaines limites auxquelles nous devons faire face : la finitude des ressources planétaires mais également les limites de notre développement comme nous le connaissons, à savoir un développement continu basé sur l’extraction et l’exploitation de ces mêmes ressources finies.


Chacun d’entre nous est touché par ces changements globaux. Chacun d’entre nous a également sa part de responsabilité, à sa propre échelle. Il est peu pertinent de se concentrer uniquement sur un fautif ou un secteur responsable… Il s’agit bien de pouvoir transformer toutes les industries et tous les secteurs de notre société, de manière collaborative, afin de limiter les catastrophes et nous adapter à ce monde changeant.


Dans le fameux triptyque qui regroupe les individus (la société civile), les entreprises (le secteur privé) et les gouvernements (le secteur public), chacun peut trouver sa place pour agir et transformer notre façon de vivre. L’objectif est de pouvoir retrouver notre place d’humain dans un tissu vivant duquel on s’est extirpé trop longtemps, afin de continuer à vivre de manière adéquate sur cette planète, plutôt que de subir notre propre destruction.


Avec Koraï, nous avons décidé d’agir au sein du secteur privé en créant notre start-up. Notre mission est de régénérer les écosystèmes marins d’Afrique en faisant participer les entreprises qui le souhaitent à agir pour répondre aux enjeux écologiques et sociaux liés à l’effondrement de la biodiversité et au changement climatique.


Dans un monde actuel où profits rime avec extraction des ressources et où actions bénéfiques pour la planète riment avec organisation caritative, la forme et pertinence de notre modèle économique sont souvent remisent en cause.


Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi nous avons créer une start-up pour répondre à la dégradation des écosystèmes marins, pourquoi le modèle d’une entreprise est plus pertinente que celle d’une association face à l’urgence, et comment le capitalisme a un rôle vital à jouer dans la régénération des ressources et du monde vivant.


Les limites du monde associatif


« Pourquoi ne pas créer une association ? »

Ceci est sûrement la question que l’on nous pose le plus lorsque nous mentionnons notre choix de créer une start-up. Cela vient du fait que la majorité des projets qui ont pour but de « faire du bien », que ce soit d’un point de vue social ou environnemental, prend la forme d’association caritative. Pour la plupart d’entre nous, l’association est l’unique modèle qui existe aujourd’hui pour mettre en place des actions vertueuses.


Mais le monde de l’association a de très nombreuses limites qui peuvent freiner le développement de ces mêmes actions.


Tout d’abord, ne pouvant pas avoir de but lucratif, il est difficile pour une association de mettre en place une démarche commerciale et de générer des bénéfices à reverser pour le déploiement de l’organisation. Le modèle associatif dépend donc des subventions publiques, d’appels à projets de fondations et de dons. Les subventions publiques sont plus ou moins en diminution partout, et les dons dépendent de la générosité publique ou de mécènes qu’il faut réussir à mobiliser. Cette dépendance pose alors de grosses contraintes financières au déploiement des actions.


De plus, l’association repose principalement sur l’aide bénévole de personnes qui souhaitent offrir de leur temps en dehors de leur activité principale et qui souhaitent s’engager pour une cause. Bien que les valeurs qui réunissent ces personnes autour du projet soient remarquables, les limites de temps et d’énergie dédiés aux actions sont bien plus présentes que lorsqu’une équipe entière de personnes embauchées à temps plein s’y attelle.


Aujourd’hui, toutes les associations et ONG se rejoignent autour d’un point : l’insuffisance de leurs ressources financières propres pour développer leurs actions. La recherche de financement est une partie centrale de toutes les organisations, souvent au détriment des actions de terrain et allant parfois même entravés les valeurs fondatrices de l’association lorsque celle-ci doit s’associer au secteur privé pour trouver les fonds suffisants.

Franchir les limites grâce à l’entreprise


S’il y a bien une raison pour laquelle les associations se tournent vers le secteur privé, c’est parce que l’argent s’y trouve, et que pour développer des actions avec de l’impact, il faut des fonds.


Alors pourquoi ne pas créer directement une entreprise, avec comme objectif final celui de réaliser des actions vertueuses, au même titre qu’une association ?


Le modèle économique de l’entreprise franchit les limites imposées par le monde associatif en permettant de générer du profit, lui-même pouvant être réinvesti dans un objectif environnemental ou social. Une activité commerciale permet alors l’indépendance de l’entreprise, renforçant la solidité et la pérennité du projet.


Le profit généré est alors utile pour la création d’emploi. Une entreprise a alors la capacité de regrouper une équipe de personnes ayant l’opportunité de faire carrière en utilisant leur temps et leur énergie au service d’une cause vertueuse. Au-delà d’améliorer la situation économique de chacun, développer une masse salariale permet également d’accélérer et accentuer la force d’action de l’entreprise.


Un capitalisme sans limite dans un monde fini


Bien que ce modèle d’entreprise soit idéal, il est loin d’être celui adapté par la majorité des entreprises actuelles.


Notre modèle économique mondial, autrement dit, le modèle capitaliste, est également un modèle ayant des limites.


Nous sommes actuellement pris dans un engrenage capitaliste où notre économie est intimement liée à l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles. Le marché mondial s’est construit sur un modèle qui considère la planète comme un lieu de ressources infinies, que nous pouvons exploiter sans compter et où le profit financier devient le but ultime.


Malheureusement, nous avons omis de considérer le monde vivant et sa finitude dans notre modèle. Nous avons négligé tout le monde naturel qui nous entoure, nous nous en sommes extirpés, et nous avons commencé à atteindre ses limites. Nous avons doucement, graduellement mais sûrement détruit ce qui sert de fondation à notre développement.


Pour autant, devons-nous abandonner l’idée du capitalisme ? N’y-a-t’il pas une façon de vivre le capitalisme de manière plus vertueuse ? Et d’utiliser le profit au service de la régénération des ressources naturelles et de tout ce que nous avons détruit ?


Vers un capitalisme régénératif


Notre système financier est un mécanisme d’organisation et de coordination mondiale puissant sur lequel nous nous retrouvons tous. Ne pourrions-nous pas l’utiliser pour réunir les ressources nécessaires pour agir face à l’urgence écologique ?


Plutôt que de jeter le modèle capitaliste pour ce qu’il est et là nous il nous a mené aujourd’hui en terme de bouleversement planétaires, nous pouvons l’adapter et l’utiliser de manière stratégique pour mieux protéger, réutiliser et régénérer les ressources et écosystèmes de la planète dont nous dépendons pour vivre.


Il s’agirait de considérer le profit généré non plus comme une fin en soi, mais bien comme un levier d’action afin d’atteindre des objectifs de protection et de régénération du vivant.


Il s’agirait de considérer la croissance non pas seulement en termes de profits financiers, mais en termes de croissance vivante, où les écosystèmes terrestres et marins se régénèrent et se multiplient.


Il s’agirait de s’extirper d’un modèle purement extractif pour tendre vers un modèle qui réinvestit son capital au service du bien commun planétaire.


Le capitalisme a trop souvent rimé avec profit, au détriment de la planète. Mais nous avons aujourd’hui l’opportunité de le transformer pour que le capitalisme favorise un impact positif sur le vivant.


Et c’est exactement en adoptant ce système de capitalisme régénératif que Koraï est né.


Koraï, la start-up au service des écosystèmes marins


Ou plutôt devrait-on dire que c’est en adoptant ce modèle économique que Koraï s’est réinventé. Car Koraï existe depuis des années mais n’est pas à la base une entreprise qui travaille à la régénération de coraux.


Koraï est à la base une entreprise familiale spécialisée dans l’exportation de coraux pour les aquariums. Basée à Nosy-Be, la ferme de corail a un modèle économique tout à fait classique. Mais en 2020, la pandémie globale qui suspend son activité et le décès du gérant force à la transformation de la ferme de corail.


Jeimila et son frère reprennent alors la ferme de corail de leur père et décident de la transformer en entreprise vertueuse, en s’éloignant du système d’exportation de coraux pour les aquariums vers un modèle régénératif, en utilisant la ferme de corail comme une nurserie afin de contribuer à la régénération des récifs coralliens des alentours.


Le projet se transforme donc et développe un objectif plus ambitieux, qui dépasse les frontières de Madagascar avec l’ambition de participer à la régénération des écosystèmes marins d’Afrique.


Koraï est donc l’exemple parfait de la transformation du modèle économique au service du vivant, en utilisant son activité commerciale et donc son capital, comme force de régénération.


Sachant qu’il existe un besoin urgent de lever des fonds pour régénérer les écosystèmes terrestres et marins qui disparaissent partout dans le monde, ce type de modèle économique apparaît comme le plus adapté pour répondre à cette urgence.


La start-up est un modèle qui permet de développer des idées innovantes venant répondre à des problèmes modernes de la société, qu’ils soient environnementaux ou sociaux. C’est pourquoi Koraï a été créée : répondre à l’effondrement des écosystèmes marins d’Afrique en accélérant leur régénération grâce à un modèle économique innovant.


Les entreprises existent pour répondre à des attentes et à des besoins de la société, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux actuels. En vue de l’urgence écologique actuelle, il est plus que nécessaire que chaque entreprise participe à la régénération des écosystèmes, en utilisant leur capital comme force d’action.


L’adaptation aux changements globaux que nous expérimentons se fera grâce à ces entreprises qui décident de participer activement à la mise en place de solutions, et de contribuer à la régénération du système vivant duquel elles dépendent.


Chez Koraï, nous permettons à votre entreprise et à vos collaborateurs d’utiliser une partie de votre capital pour participer à la régénération des écosystèmes marins d’Afrique. Contactez-nous pour participer ensemble à la régénération du vivant dont nous dépendons.




Références - Aller plus loin


Hawken, Paul. Natural Capitalism : Creating the next Industrial Revolution. Boston :Little, Brown and Co., 2000.


The 8 Principles of a Regenerative Economy - https://capitalinstitute.org/8-principles-regenerative-economy/


Is capitalism incompatible with a healthy climate ? Think Sustainability Podcast

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Saving Coral Reefs with Coral Gardeners (purpose-driven business) - The Ocean Impact Podcast

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